Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a déclaré vendredi que 4.239 personnes ont été tuées et 1.356 blessées en Haïti entre juillet et février dans des crimes commis avec des armes importées illégalement de l'étranger, malgré l'embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité de l'ONU.
Quatre-vingt-douze pour cent des victimes ont été ciblées par les armes à feu de plus en plus sophistiquées qui circulent en Haïti, dont on estime qu'elles sont au nombre de 270 000 à 500 000, a déclaré le Haut-Commissaire Volker Türk lors de la présentation du dernier rapport de son organisation sur le pays au Conseil des droits de l'homme.
« Les gangs ont étendu leur contrôle sur des zones auparavant inhabitées de Port-au-Prince et de ses environs, s'emparant de territoires et d'infrastructures », a-t-il déclaré.
Selon les informations recueillies, plusieurs gangs ont uni leurs forces pour lancer des attaques coordonnées, en utilisant des armes puissantes et, dans certains cas, en étant plus nombreux et plus armés que les forces de l'ordre.
Türk a souligné que l'arrêt du flux d'armes illégales vers Haïti est essentiel pour contenir la crise qui engloutit Haïti, car à moins que les facteurs qui perpétuent le chaos ne soient traités, « tout progrès en matière de sécurité et de stabilité sera temporaire ».
Le rapport présenté par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme note que le recours à la violence sexuelle a augmenté de manière alarmante, avec des cas de viols collectifs et d’exploitation sexuelle utilisés par les gangs comme outils de coercition sur les communautés et pour renforcer leur domination.
Il explique également que les gangs ont mis en place leur propre forme de gouvernement dans les zones sous leur contrôle, défiant l’autorité de l’État et malgré les efforts de la police nationale.
Au cours de la période considérée, plus de 2 000 personnes ont été tuées ou blessées lors d’opérations policières ciblant les gangs, soit une augmentation de 60 % par rapport aux six mois précédents, 30 % des victimes ayant été touchées par des balles perdues.
L’ONU a également documenté 219 exécutions extrajudiciaires commises par des unités de police spécialisées, une augmentation significative par rapport aux 33 cas enregistrés en 2023.








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