Parmi les sujets abordés, outre les droits de douane, figurait l’intérêt des États-Unis pour les gisements de terres rares du Brésil.
Le président américain Donald Trump et son homologue brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva.
Le président brésilien Lula da Silva a rencontré son homologue américain, Donald Trump, à la Maison Blanche : une réunion de deux heures, déjeuner compris, que les deux dirigeants ont dit avoir appréciée. Leurs relations ont été parfois conflictuelles, mais au-delà des divergences idéologiques, les deux pays ont d’importants intérêts commerciaux en jeu.
La rencontre entre Lula et Trump, initialement prévue pour le début de l'année, a été reportée suite à l'arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis. Leurs relations ont toujours été tumultueuses. Parmi les sujets à l'ordre du jour, outre les droits de douane, figurait l'intérêt des États-Unis pour les gisements de terres rares brésiliens.
Leonardo Paz Neves, de l'Unité de renseignement international de la Fondation Getulio Vargas, a expliqué à RFI : « Le Brésil n'est pas comme la Chine ou d'autres pays qui appliquent des lois protectionnistes ou extrêmement restrictives sur les métaux critiques.» « Il y a un ou deux mois, je crois, une entreprise américaine a racheté une société brésilienne d'extraction de métaux critiques. Des entreprises américaines exploitent donc désormais des mines de métaux critiques au Brésil, un secteur déjà ouvert à une concurrence normale et libérale », a-t-il précisé.
Le trafic de drogue : un sujet épineux
Le trafic de drogue constitue un autre point crucial, car Trump entend désigner deux groupes criminels brésiliens comme organisations terroristes, une mesure que rejette l'administration Lula. « Le Brésil souhaite coopérer avec les États-Unis pour échanger des informations sur les organisations criminelles et le trafic de drogue. Les Américains tentent de faire qualifier deux importants groupes de trafiquants de drogue brésiliens de narcoterroristes, comme ils l'ont fait avec des groupes vénézuéliens et colombiens.
« Pour nous, c'est très grave. Le Brésil essaie donc de montrer à Trump que nous allons voter une loi et mettre en œuvre une politique très stricte contre le trafic de drogue et la criminalité, mais que nous n'avons pas besoin qu'ils soient qualifiés de narcoterroristes », a commenté Leonardo Paz Neves.
Lula, en pleine campagne pour sa réélection, a déclaré après la rencontre que le président américain n'exercerait aucune influence sur les élections. Selon l'expert, « pour Lula, la meilleure solution serait de traiter tous ces problèmes sur un plan technique, au sein des ministères, des secrétariats et des institutions publiques, et non sur un plan politique.
Les partisans de Bolsonaro veulent envenimer les relations et les rendre extrêmement tendues : ils vont prétendre que Lula est incapable de mener à bien quoi que ce soit avec les États-Unis, que nos relations avec les États-Unis sont mauvaises et que nous ne pourrons ni nous développer ni résoudre nos problèmes. Ainsi, Lula souhaite que ces questions soient traitées sur un plan technique, tandis que les partisans de Bolsonaro cherchent à envenimer les relations et à attiser les tensions entre le Brésil et les États-Unis. »








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